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Les épreuves

J’ai reçu, il y a quelques jours, les épreuves corrigées de mon roman. C’est émouvant. Je me régale de suivre sa petite naissance, en attendant de le tenir entre les mains.
Apprendre à ronronner sortira cet automne à l’École des Loisirs (collection Mouche), et les belles illustrations sont de José Parrondo.

Apprendre à ronronner

 ImageJ’ai des dessins dans mes tiroirs qui attendent depuis des mois voire des années une mise en couleurs (ou tout au moins quelques ombres) pour exister. Mais puisque je ne suis jamais satisfaite du résultat, j’ai décidé qu’il était temps de les laisser vivre un peu. Après tout, pourquoi la couleur serait indispensable ?

Un dessin réalisé initialement pour l’expo potentielle du vernissage-qui-n’a-jamais-eu-lieu de notre ancien atelier. Depuis, nous avons déménagé, sans pour autant nous améliorer en organisation de vernissages. Mais c’est toujours en projet.

Parfois, il semble que tout autour de vous concorde à vous dire qu’il est temps de faire bouger les choses, d’abandonner ce qui n’est pas satisfaisant. En ce moment, toute mon énergie s’épuise ailleurs que dans ce qui m’importe. C’est qu’il est temps d’avancer.  Heureusement, il y a aussi les bonnes nouvelles, et les découvertes émouvantes.

Et au milieu de ces commandes et de ces préoccupations administratives, me restent les voyages en train et le précieux temps qu’ils offrent à la lecture.

Des livres lus ou en cours, et tous aimés :livres

 

J’ai découvert Aaron Sorkin un peu à l’envers. D’abord avec The Social Network. J’avais été intriguée, soufflée, puis j’avais un peu oublié. Et puis la première saison de The Newsroom (sa série sur le quotidien d’une émission télévisée d’informations) a été diffusée il y a quelques mois, et j’ai commencé à réaliser l’ampleur de son talent. J’ai ensuite enchaîné avec The West Wing (A la maison blanche) et maintenant Studio 60 on the sunset strip (sur un late show satirique), et je suis désormais complètement subjuguée. Si l’écriture des séries et films français me déçoit la plupart du temps, j’avoue me trouver moi-même pas très douée pour les dialogues. Mais j’ai trouvé là le grand maître. Alors je regarde ses œuvres à la chaîne, complètement happée par la richesse de ses sujets, la précision de ses personnages, de leurs combats et leurs évolutions, la densité et la justesse de son propos, la diversité des émotions qu’il transmet, et à la fois, toujours à la recherche d’un apprentissage, essayant de comprendre ce que lui seul fait mieux que le reste du monde. Ses séries sont brillantes, érudites, émouvantes, vertigineuses, et surtout idéalistes. Les personnages qu’il choisit sont presque toujours des modèles (dans les limites permises par leur fonction) éthiques et moraux, prêts à se sacrifier à leur cause.

J’ai trouvé dans une interview de lui, cette idée parfaitement juste, que tant de gens qui écrivent (moi y compris, jusqu’ici) se bornent à ignorer : « J’utilise le dialogue comme de la musique. Les personnages de Shakespeare parlaient en pentamètres iambiques ; ceux de Molière, en rimes. Si vous essayez d’imiter une vraie conversation, ou bien ce sera mauvais car vous n’y arriverez pas ; ou bien vous y arriverez, et alors ce sera ennuyeux. »

Nous sommes allés voir hier soir Main dans la main (le dernier film de Valérie Donzelli) et quel régal ça a été ! Enfin un film de gentils, sans cynisme, sans moqueries (et sans niaiserie), sans affrontements. Les blessures arrivent, mais elles sont toujours le fait de la maladresse ou de l’oubli, jamais de la malveillance. C’est si rare et si précieux. Je me demande toujours ce qui pousse un auteur à choisir une fin tragique ou du moins malheureuse à son film ou à son livre. Comme si une croyance voulait que ce soit la seule façon de dire des choses profondes. Comme si le malheur était plus photogénique. Pour moi, l’art a définitivement besoin de dire aussi le bonheur, l’enthousiasme, la légèreté, la bienveillance, la tendresse, la gentillesse. Parce qu’ils font partie de la vie et de l’humanité.

Le film raconte donc l’histoire d’une bourgeoise dépressive, professeur de danse à l’Opéra Garnier, et d’un jeune vitrier provincial (et amateur de danse) qui se retrouvent collés l’un à l’autre, incapables de se séparer, liés même jusque dans (presque) chacun de leurs mouvements. L’idée est belle, poétique et drôle (oh ce que j’aurais aimé l’avoir), et à aucun moment Valérie Donzelli ne cherche à l’expliquer ou la rationaliser, et c’est tant mieux. C’est lorsqu’il est accepté comme une normalité que le surnaturel permet de décaler le regard. Les portraits sont dressés avec soin, personne n’est stigmatisé. La critique sociale est tout le temps là mais jamais assénée.

Et puis il y a la danse, le mouvement. Les corps très dessinés, contenus et chorégraphiés, sont en même temps indomptables : la puissance de leur attachement dépasse la volonté des personnages. Et il y a les corps malades, maladroits, blessés, décalés, imprécis aussi. Sans cesse cette idée surgit, que la tentative de contrôle du corps est autant une preuve de vie qu’une vaine recherche.

Un peu l’inverse, finalement, de l’incroyable scène d’ouverture de Un américain à Paris, où le corps est un outil, et la chorégraphie, un mode de vie.

Mon tout premier petit roman a été accepté par une belle maison d’édition jeunesse. Il sera illustré (je ne sais pas encore par qui) et publié à l’automne prochain. C’est une nouvelle aventure qui commence, et c’est peu dire que j’ai hâte de tenir le livre entre les mains.

Ce texte est désormais terminé, mais il habite toujours mon esprit. Je ne me suis pas encore tout à fait replongée dans d’autres projets. Plusieurs histoires et livres sont déjà commencés et d’autres frappent à la porte de mes envies. Mais j’ai du mal à laisser s’échapper le précédent. Alors je flotte un peu pour donner le temps aux idées de m’imprégner doucement.

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