J’ai reçu il y a quelques jours un livre édité par la Mayor Gallery, galerie londonienne qui a exposé une série de dessins de Sylvia Plath en novembre dernier. De cette exposition est né ce joli catalogue.

Il s’agit, pour la plupart, de dessins d’observation et d’études réalisés durant la lune de miel de Sylvia Plath et Ted Hugues en Europe, additionnés de quelques autres faits au Etats-Unis. Certains disent quelque chose de la mélancolie, de l’humour, ou du perfectionnisme. Ils portent en tous cas tous en eux, quelque chose de personnel, en plus du talent d’exécution.

Une petite sélection :

Le superbe livre épistolaire de Martin Page et Jakuta Alikavazovic, Nous avons des armes mais nous ne savons pas nous en servir, est paru il y a quelques semaines, aux éditions Nuit Myrtide.

Ils y parlent d’enfance, d’école, des rencontres qu’ils ont fait durant leur résidence itinérante, d’extra-terrestres, de poissons, de hamburger, de disparition, et bien sûr, d’armes. Et à l’intérieur, on y trouve aussi un tout petit dessin que j’ai réalisé pour l’occasion, déjà publié sur le blog.

Le lire est tiré à peu d’exemplaire, on peut l’acheter ici ou dans des librairies du nord de la France.

Atelier Autonome

Notre atelier a désormais un blog, M. y a posté le premier article il y a quelques jours. Abonnez-vous, il s’y passera de grandes choses, c’est évident !

Et puis, vous pouvez y découvrir le super travail de Caroline, Charlotte, Martin, Vincent, et sans doute bientôt Elmir et Clément.


Voilà, maintenant que mon manuscrit navigue entre les mains de celles et ceux qui voudront bien le lire, il est grand temps de m’occuper l’esprit à un nouveau projet. Le cerveau est en partie libéré, les idées sont là, déjà esquissées de quelques lignes ou quelques pages. Il ne me reste plus qu’à choisir dans quel océan je vais plonger en premier. C’est un moment excitant.

Lecture de deux excellents livres pour ados, dernièrement : “Rien” et Guerre, et si ça nous arrivait ?” de la danoise Janne Teller. Des textes durs, sombres, parfois violents, mais d’une immense intelligence. Elle y parler de la mort, de l’avenir, de politique, du sens de la vie. C’est fin et touchant, plein de vérité. Je ne sais pas comment les adolescents reçoivent ces textes, mais en tous cas, ce sont des livres que tous les adultes devraient avoir eu entre les mains.

Dai Loc

Chouette nouvelle, un restaurant vietnamien / chinois / thaïlandais (les propriétaires sont vietnamiens) vient d’ouvrir à côté de chez nous : le Dai Loc. Nous l’avons testé hier soir et leur cuisine est excellente et pas très chère (les nems sont terribles, les brochettes poulet-crevettes-ananas aussi). Bien sûr l’organisation n’est pas encore parfaite (ils ne sont ouverts que depuis quatre jours) mais cela ne devrait pas tarder. Il est situé à l’intersection de la rue Desaix et de la rue François Farineau et il vaut le déplacement.

Je viens de terminer le second livre de Fanny Salmeron, “Le travail des nuages”, et j’avais déjà beaucoup aimé son premier roman. J’aime vraiment son écriture fluide comme la pensée, avec toujours cette référence à l’enfance. Disons alors : une pensée qui garde de l’enfance sa douceur, sa spontanéité et sa fantaisie, son besoin de dire l’injustice comme elle vient.

C’est un livre dense et court (et c’est une qualité), émouvant, qu’on lit une boule au travers de la gorge tout du long. Et même si j’y ai trouvé moins de phrases et d’idées qui me parlaient toutes entières, absolument, que dans “Si peu d’endroits confortables”, il m’a tout de même semblé plein de ces petits bouts de mots et d’instants fragiles, précieux, que l’on veut protéger contre le reste du monde.

Alfred Guesdon

Petit tour à l’exposition “Trésors cachés du cabinet d’arts graphiques” à la Chapelle de l’oratoire (du musée des Beaux-Arts de Nantes) cet après-midi, où j’ai découvert le fascinant travail géographique et architecturale d’Alfred Guesdon. On ne trouve pas grand chose sur lui sur Internet, j’ai du aller farfouiller sur un site italien pour retrouver l’image qui m’a marquée. Il a réalisé des tas de “vues d’en haut” de villes d’Italie, de Suisse et de France, crayonnées avec une belle précision, passionnantes en ce qu’elles offrent un autre point de vue sur les villes, en donnant accès à leur squelettes et à leur surface.

Trois dessins de villes italiennes sont exposés, notamment celui de Brescia, qui m’a le plus attirée. J’ai retrouvé non pas le dessin mais une image d’une lithographie faite à partir de ce celui-ci.

Et du coup, je suis tombée à l’instant sur cette chouette vue de Nantes qui date de 1860, encore toute fractionnée en petites îles, avant le comblement de l’Erdre.

Vu pour la première fois il y a quelques jours au Katorza, dans le cadre des Rencontres de Sophie. C’est un film hystérique, souvent à la limite du supportable. C’était difficile pour moi de regarder tous ces gens qui ne s’écoutent pas, ne se comprennent pas, ne se parlent pas, mais au contraire se donnent des ordre. Cette violence, ces cris sans cesse, c’est étouffant. Le mari que l’on croit d’abord compréhensif, puis qui se révèle le pire le tous, le plus terrible, le plus fou.

On voudrait du silence, du calme, on voudrait que la famille veuille comprendre Mabel, qu’ils ne la condamnent pas, qu’on lui laisse le temps, de dire les choses et d’exister. Il semble qu’ils bouillonnent tous tellement qu’ils ne peuvent pas lui faire de place ; ils s’agitent pour combler ses doutes, masquer ses luttes internes. Ils s’agitent, blessent, parce qu’ils ont peur. Mabel leur parle tellement d’eux-mêmes.

C’est beau et troublant, dérangeant et déchirant. Difficile d’en parler.

 

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